« Balzac amoureux » d’Emmanuelle de Boysson

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Il ne voulait plaire qu’à une seule, il a réussi à séduire toutes les femmes. Honoré de Balzac n’a jamais eu de sa mère ni marque d’amour, ni tendresse. Ce qui l’a amené tout au long de sa vie à tout faire pour trouver grâce à ses yeux.

Le prénom Laure sera omniprésent dans sa vie comme dans les œuvres de Balzac: sa mère s’appelait Charlotte-Laure, sa sœur dont il était très proche Laure. Plus tard, il surnommera son premier amour Laure; puis s’ensuit Laure d’Abrantès. Il n’a eu de cesse de chercher dans ces relations l’admiration et la tendresse dont, enfant, il a été privé. Balzac a toujours aimé être entouré et adulé. Son génie et sa verve riche compenseront avantageusement son ingratitude physique. Ses histoires d’amour tumultueuses et compliquées seront sa source d’inspiration. Honoré de Balzac a toujours su apprécier à leur juste valeur les femmes,  leurs souffrances, leurs secrets, leurs complexités, faisant de lui un grand féministe.

Un ouvrage qui permet de mieux cerner l’auteur génial de « La comédie humaine »

Publié aux Editions Rabelais

132 pages

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« Les délices du 36 » de Nicolas Rey

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Cette année, comme chaque année, nous nous apprêtons à profiter du soleil et du farniente après des mois de dur labeur, sans y penser, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Pourtant c’était en 1936, il y a à peine 80ans, que les ouvriers et la frange populaire des Français découvraient la joie des congés payés. Payer à ne rien faire était déjà un cadeau en soi; pouvoir partir au bord de la mer en prenant le train était le summum!

Mais cette démocratisation des vacances ne fait pas que des heureux. Privilège jusqu’alors réservé à la bourgeoisie, ces derniers voyaient d’un mauvais œil l’invasion de « leur » plage.

Ce roman relate l’histoire de deux familles: la famille de Marius, 15 ans, issue de la classe moyenne venue à Deauville grâce aux prix attractifs des billets de troisième classe; et la famille d’Emma issue de la bourgeoisie locale.

Faisant fi du clivage social, ces deux là vont goûter avec délices – comme des millions de jeunes jusqu’à maintenant – à l’ivresse de l’amour de vacances, échanger des sermons qu’ils voudraient éternels…

Ce roman court et léger sera votre compagnon sur la plage, sous le parasol. Il vous rappellera combien chanceux nous sommes de pouvoir jouir de ces quelques jours bienfaisants obtenus grâce aux âpres luttes menées par nos aînés.

La couverture du livre est illustrée par Pénélope Bagieu.

Publié aux Editions Prisma

128 pages

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« Entre deux feux » de Georges Brau

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Paul, retraité de la DGSE, est missionné par celle-ci pour enquêter en Syrie et ramener des preuves sur l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement de Bachar el-Assad.

Dans ce pays en guerre où seule la survie importe, il devra se méfier de tout le monde. Il devra parfois également flirter avec les limites de son sens éthique, et nouer des alliances de circonstances tantôt avec les djihadistes et leurs alliés, tantôt avec les forces gouvernementales et leurs alliés.

Au milieu de ce chaos, il aura l’occasion de faire de jolies rencontres même si éphémères, il sauvera quelques vies innocentes au péril de la sienne. Car malgré les nombreuses guerres auxquelles il a participé, Paul n’a pas perdu son humanité et s’il s’est endurci, les horreurs qu’il rencontre lui sont toujours aussi insupportables.

Paul emmène le lecteur avec lui dans les dédales des villes en ruine, le danger le guettant à chaque coin de rue, s’entêtant à mener à bien sa mission coûte que coûte.

Les récits sont criants de vérité, l’auteur s’attache à dépeindre la guerre dans toute son horreur, quitte parfois à choquer, à la manière d’un journal de bord.

Ce livre vous fera peut-être changer d’avis sur cette guerre qui n’a que trop duré, loin des miroirs déformants des médias. Il vous démontrera qu’elle n’oppose pas les gentils et les méchants, et que c’est bien plus compliqué que cela.

Un livre qui ravira tous les amateurs de thriller!

Publié aux Eaux Troubles Editions 

376 pages

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« Le sommeil le plus doux » d’Anne Goscinny

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La mère de Jeanne est mourante. Elle décide de retourner à Nice, la ville où elle est née, pour y finir sa vie, comme pour mieux boucler la boucle. Sa fille Jeanne qui a été à ses côtés tout au long de ce combat l’accompagne pour ce dernier voyage. La grand-mère paternelle de Jeanne est de la partie, une présence fantomatique, évanescente.

Elles ont beau savoir l’issue inéluctable devrait arriver à très court terme, elles n’en espèrent pas moins un miracle oscillant entre résignation et espoir fou. Jeanne décide d’allumer un cierge pour sainte Rita, la sainte des causes perdues sans vraiment y croire, repoussant ainsi à sa manière ce moment tant redouté (de la séparation) et secrètement attendu (de la délivrance) pourtant…

Alors qu’un amour – maternel – est sur le point de partir, un autre – passionnel – naît par hasard dans un parc entre Jeanne et Gabriel, un homme d’âge mûr qui va jouer le rôle de ce père qu’elle a perdu trop tôt, et qui va lui permettre de panser les blessures de son passé et d’écrire le futur. La petite fille laisse la place à la femme…

Ainsi va la vie,  cet éternel commencement: quand un amour meurt, un autre prend sa place…

Mon avis:

Cet ouvrage est à l’image de l’histoire qu’il raconte: bref et intense, comme on voudrait vivre ces moments douloureux mais inévitables. 

Il a tout de l’autobiographie, puisque l’auteur, la fille du célèbre René Goscinny, a perdu son père alors qu’elle était petite, et sa mère atteinte d’un cancer. 

Malgré la tristesse du sujet, la manière dont il est abordé en fait un roman rempli de poésie qu’on prend plaisir à lire d’un trait!

Publié aux éditions Grasset

140 pages

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Encore un soir – Céline Dion

Je donnerais cher pour retrouver cet instant de grâce, quand tout allait bien…Un sourire, des rires complices, des échanges de regards, la présence de l’autre aimé…Bref des petits riens mais qui sont ô combien précieux…

Une photo, une date
C’est à n’y pas croire
C’était pourtant hier
Mentirait ma mémoire
Et ces visages d’enfants
Et le mien dans ce miroir

Oh, c’est pas pour me plaindre
Ça, vous n’avez rien à craindre
La vie m’a tellement gâtée
J’ai plutôt du mal à l’éteindre
Oh mon Dieu j’ai eu ma part
Et bien plus à tant d’égard

Mais quand on vit trop beau trop fort
On en oublie le temps qui passe
Comme on perd un peu le Nord
Au milieu de trop vastes espaces
À peine le temps de s’y faire
À peine on doit laisser la place
Oh si je pouvais

Encore un soir
Encore une heure
Encore une larme de bonheur
Une faveur, comme une fleur
Un souffle, une erreur
Un peu d’amour, un rien de tout
Pour tout se dire encore ou bien se taire
Un regard, juste un report
À peine encore, même s’il est tard

J’ai jamais rien demandé
Ça, c’est pas la mer à boire
Allez, face à l’éternité
Ça va même pas se voir
Ça restera entre nous
Oh, juste un léger retard

Y’en a tant qui tue le temps
Tant et tant qui le perde ou ne passe
Temps qui se montre avant
Dans les rêves en des instants de grâce
Où je donne ma place au paradis
Si l’on m’oublie sur Terre
Encore hier

Encore un soir
Encore une heure
Encore une larme de bonheur
Une faveur comme une fleur
Un souffle, une erreur
Un peu de nous, un rien de tout
Pour tout se dire encore ou bien se taire
Un regard, juste un report
À peine encore, je sais, il est tard

C’est pas grand chose
Rien qu’une pause
Que le temps, les horloges se reposent
Et caresser
Juste un baiser, un baiser

Encore un soir
Encore une heure
Un peu de nous, un rien de tout
Ouuuuh
Ouuhaaahaaa
Un soir

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« Fragments de lucidité » de Jean-Louis Servan-Schreiber

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ou « Comment supporter les choses comme elles sont »…

Lucidité ici, que j’assimilerai à l’absence de complaisance, puisque l’auteur, à travers cet essai, porte sur la vie et sur le monde un regard dénué de toute complaisance. Tantôt critique, tantôt reconnaissant, il passe au crible notre société et offre des clés pour décrypter notre existence.

L’auteur livre ses analyses, pas tellement pour les imposer aux lecteurs, mais bien pour que ces derniers jettent un regard clairvoyant de temps en temps et éviter ainsi les désillusions et la déception, sources d’amertume.

A travers 30 chapitres, l’auteur traite des grandes préoccupations humaines telles que l’amour, le bonheur, la vie et intrinsèquement la mort, la religion, le savoir, la modernité.

Et c’est ainsi par exemple qu’il souligne la relative importance de la singularité de l’Homme: chaque individu a son ADN propre – il n’y en a pas deux pareils! – mais finalement un individu n’est qu’une infime partie des 7 milliards d’individus qui composent l’Humanité, cette humanité qui vit sur une planète qui elle-même fait partie d’un Univers incommensurable!

Malgré son caractère philosophique, l’ouvrage est très facile à lire et accessible à tous. L’illustration de Xavier Gorce ajoute une note joyeuse à des sujets qui peuvent paraître « sérieux ». L’écriture n’est pas condescendante ni moralisatrice. L’auteur ne cherche pas à faire étalage de son savoir, il invite véritablement les lecteurs à la réflexion et à apprécier la vie à sa juste valeur.

Une lecture enrichissante et bienfaisante!

Extraits:

« Je chéris ma lucidité. Elle m’aide à éviter les impasses, les fausses pistes de l’existence. Son rôle est comparable à un gilet pare-balles, il peut m’épargner la blessure ou la mort, mais n’ajoute rien à mon envie de vivre »

« J’ai appris que les grandes ambitions, les idéaux mobilisateurs nous poussent à l’action, mais ont toutes les chances de nous tenir éloignés du contentement »

Publié aux éditions Fayard

180 pages

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Burden – Amos Lee

Il est des tristesses qui vous ôtent vos mots…Alors j’emprunte les paroles de cette chanson d’Amos Lee, un artiste que j’apprécie particulièrement pour exprimer ce que je ressens.

La musique adoucit les mœurs, dit-on, puisse-t-elle apaiser un peu ma peine…

A mon Arsène Lupin qui me manque tant…

I never meant to be a burden
Oh I just worry more than I’d like to
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

For so long I have lived amongst the shadows
Waiting for the sun to break on through
Oh it’s time I cast my oars and head out on these shores
And find some place where I can start anew

I never meant to be a burden
Oh I just worry more than I’d like to
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

Oh forgive if I’ve weighed upon your back
It’s so heavy already without me
Going ahead into this abyss and find my own way out of this
So you can walk ahead more easily

I never meant to be a burden
But you’re the light that is guiding me through
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

Please forgive me if I’ve weighed on you
Please forgive me if I’ve weighed on you

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Entre excellence et épanouissement

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Dans notre société actuelle, la méritocratie règne en maître incontesté. En France, il est quasiment impossible de trouver un bon poste sans être diplômé. Et encore, le prestige et la valeur des diplômes sont hiérarchisés. Les parents, soucieux de mettre du côté de leurs enfants toutes les chances d’avoir un avenir à l’abri des besoins, les poussent à se distinguer, au risque de nuire à leur bien-être.

Il est effarant d’entendre que des enfants souffrent de burn out, et je ne pense pas que les parents de ces enfants soient des tortionnaires. Au contraire, la grande majorité doit être des parents attentionnés, peut-être un peu trop..Ils veulent en même temps développer les fibres artistique et sportive de leurs progénitures en plus de l’école, ce qui rapidement surcharge leur emploi du temps. Plus l’occasion de se détendre ou de paresser, chaque minute est « optimisée »…

Mon fils est actuellement en troisième. Déjà, à la fin de l’année de quatrième, nous avons commencé à réfléchir sur ce qu’il voulait faire plus tard, tout en sachant qu’il aura tout le temps de changer d’avis d’ici la terminale. Néanmoins, il était important de se projeter dans un futur proche, à commencer par le choix du lycée…

Un vrai casse-tête pour une maman, encore plus j’imagine pour ce petit bonhomme tiraillé entre l’enfance confortable et insouciante et l’appel du monde adulte. Et je ne parle même pas des déferlements d’hormones qui chamboulent tout en lui! Il a des rêves ambitieux qui requièrent une masse importante de travail pour espérer les voir se réaliser, et pourtant il aimerait passer tout son temps à s’amuser et rigoler avec ses copains, ce que je trouve normal à son âge.

Me voilà donc face à un dilemme qui me fait culpabiliser: soit je le pousse à donner le meilleur de lui-même pour obtenir de bons voire de très bons résultats scolaires, et ainsi pouvoir espérer intégrer la grande école à laquelle il rêve plus tard; soit le laisser profiter de la vie, en veillant à ce qu’il fournisse le « minimum syndical » et profite de son adolescence et de ses amis…

En choisissant la première option je prends le risque de passer pour une mère dirigiste et tyrannique! Mais je me dirais aussi que mon fils aura plus de garantie de s’en sortir plus tard…Opter pour la deuxième possibilité risque de me faire passer pour une maman laxiste et démissionnaire, et j’exposerais mon fils à davantage de difficultés à s’en sortir plus tard…

Dans mon entourage, je connais des parents qui ont fait le choix de l’instruction à la maison. Ils dorment et se réveillent à leur rythme, n’ont pas de devoirs ni de leçons à retenir, ils apprennent à lire, écrire et compter en lisant des boîtes de céréales, en tapant sur le digicode de la porte, en voyant les numéros de bus… Pour le moment ils ont moins de six ans et leurs mamans passent énormément de temps avec eux, très attentives à leurs besoins et y répondent en prenant le temps d’expliquer les choses.

Je vois ces enfants très épanouis et éveillés, curieux de tout. Néanmoins, je trouve qu’ils sont moins à l’aise à communiquer avec des enfants scolarisés de leur âge ou en société. Et quand je vois le monde du travail actuel régi par des règles ultra formatées et accordant très peu de chances aux profils atypiques, j’ai du mal à imaginer la manière dont ces enfants pourront s’y insérer…

On dit que les parents agissent toujours pour le bien de leurs enfants. Et en attendant que leurs enfants soient en capacité de choisir par eux-mêmes, ils sont obligés de prendre des décisions à leur place… A bien y réfléchir, c’est une énorme responsabilité.

Mais comme pour toute chose, il faut essayer de trouver le bon équilibre entre permettre à l’enfant de profiter du présent, tout en lui donnant toutes les billes pour envisager plus sereinement l’avenir…

© crédit photo

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« Tu n’as rien à craindre de moi » de Joann Sfar

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C’est l’histoire d’un couple comme tant d’autres…Seaberstein est artiste peintre. Mireilledarc – c’est ainsi qu’il l’a surnommée à cause de leur ressemblance physique – est étudiante en épigraphie et elle est sa muse.

Ils en sont au début de leur histoire et prennent du plaisir à passer quasiment tout leur temps ensemble, à parler de la vie, de la religion, de leur vision des choses, à parler d’eux, à s’aimer passionnément, à se séduire l’un l’autre.

Le jour où Seaberstein reçoit une commande de nus, c’est tout naturellement qu’il choisit Mireilledarc comme modèle. Une occasion supplémentaire pour l’une d’entretenir la flamme du désir qui brille dans les yeux de son compagnon.

Ce couple en apparence uniquement focalisé sur le désir se construit pourtant au fil du temps. Et inexorablement, la routine du quotidien s’invite dans ce couple, s’immisce dans les interstices de cette relation, à la fois comme un ciment qui consolide tout, mais également comme autant de fissures qui fragilisent l’édifice.

Qui gagnera la bataille?

Mon avis:

Le titre de cette bande dessinée m’a interpellée car je ne cesse de le déclamer sous différentes formes – verbales ou autres – pour rassurer mon partenaire. Quand on est en couple, il est important de faire sentir à l’autre qu’on est attentif à ses besoins. Joann Sfar dépeint bien l’attirance et le jeu de séduction qui existent entre les deux amants ainsi que l’exaltation de cette période bénie au début d’une relation où tout paraît merveilleux.

On découvre également à travers leur conversation une description humoristique de la juiveté et de l’Art à travers les siècles. De plus, l’auteur ne se contente pas d’emprunter le nom de Mireille Darc, il l’invite vraiment dans ses pages, un joli clin d’œil à cette immense comédienne.

Autour de ce huis clos amoureux gravitent leur entourage, les incontournables, la meilleure amie, la mère, l’agent, et qui influencent la vie du couple d’une manière ou d’une autre.

Cette BD raconte d’une manière légère et pourtant très réaliste la complexité d’un couple et le mécanisme qui le régit.

A lire absolument!

Publié aux éditions Rue de Sèvres

102 pages

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« J’en ai marre » de Francis

Francis n’est personne et tout le monde à la fois. Il incarne le visage de ceux qui vivent dans la rue, ceux qu’on ne voit plus ou qu’on fait semblant de ne pas voir…Des gens qui vivent en marge de la société parce que la vie les malmène…

Alors que nous nous réjouissons du retour des beaux jours, pour certains cela signifie surtout la fin de la trêve hivernale avec tout ce que cela implique.

Je suis très touchée par le pénible quotidien de ces infortunés, j’essaie à mon niveau de faire en sorte que cela change mais de loin, sans oser les approcher, encore moins leur parler, comme si la misère était contagieuse. Je n’en suis pas fière, et maintenant que j’en ai pris conscience, je vais tout faire pour changer ça aussi.

J’ai entendu ce texte aujourd’hui; il m’a bouleversée et j’ai voulu vous le partager. Il a été recueilli par un de mes collègues. C’est Francis qui le lui a dicté car ses mains noueuses ne pouvaient même plus tenir un stylo…

Y en a marre de la misère

Y en a marre de toujours mordre la poussière

Y en a marre de n’avoir que la faim

Pour me rappeler que ce n’est pas encore la fin

Y en a marre de croiser tant de visages

Et presque jamais de regard

Y en a marre des détours

Et des changements de trottoir

Tu fais même plus partie du paysage

Les paysages au moins, on s’arrête pour les regarder

Y en a marre de ceux qui savent et qui pensent

Ceux qui croient savoir et qui se penchent

Comme pour mieux me dire ce qui est bon pour moi

Qu’est-ce qu’ils en savent, de ce que je veux, moi ?

 Le pire, c’est le soir, quand les fenêtres s’allument

Et que toi tu restes tout seul dans le froid

Tu savais, toi ?  …  Le noir, c’est la couleur du froid

Souvent, je me demande ce qui s’y passe

Derrière ces lumières qui me narguent

Et quand j’y pense, je me demande parfois

Si au fond, c’est pas moi le plus pénard !

Pourtant, y en a marre  … cherche pas ! …

A Francis et les autres, du courage!

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Crédit photo

 

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