« Fragments de lucidité » de Jean-Louis Servan-Schreiber

fragments_de_lucidite_01

ou « Comment supporter les choses comme elles sont »…

Lucidité ici, que j’assimilerai à l’absence de complaisance, puisque l’auteur, à travers cet essai, porte sur la vie et sur le monde un regard dénué de toute complaisance. Tantôt critique, tantôt reconnaissant, il passe au crible notre société et offre des clés pour décrypter notre existence.

L’auteur livre ses analyses, pas tellement pour les imposer aux lecteurs, mais bien pour que ces derniers jettent un regard clairvoyant de temps en temps et éviter ainsi les désillusions et la déception, sources d’amertume.

A travers 30 chapitres, l’auteur traite des grandes préoccupations humaines telles que l’amour, le bonheur, la vie et intrinsèquement la mort, la religion, le savoir, la modernité.

Et c’est ainsi par exemple qu’il souligne la relative importance de la singularité de l’Homme: chaque individu a son ADN propre – il n’y en a pas deux pareils! – mais finalement un individu n’est qu’une infime partie des 7 milliards d’individus qui composent l’Humanité, cette humanité qui vit sur une planète qui elle-même fait partie d’un Univers incommensurable!

Malgré son caractère philosophique, l’ouvrage est très facile à lire et accessible à tous. L’illustration de Xavier Gorce ajoute une note joyeuse à des sujets qui peuvent paraître « sérieux ». L’écriture n’est pas condescendante ni moralisatrice. L’auteur ne cherche pas à faire étalage de son savoir, il invite véritablement les lecteurs à la réflexion et à apprécier la vie à sa juste valeur.

Une lecture enrichissante et bienfaisante!

Extraits:

« Je chéris ma lucidité. Elle m’aide à éviter les impasses, les fausses pistes de l’existence. Son rôle est comparable à un gilet pare-balles, il peut m’épargner la blessure ou la mort, mais n’ajoute rien à mon envie de vivre »

« J’ai appris que les grandes ambitions, les idéaux mobilisateurs nous poussent à l’action, mais ont toutes les chances de nous tenir éloignés du contentement »

Publié aux éditions Fayard

180 pages

gilles_paris

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

Burden – Amos Lee

Il est des tristesses qui vous ôtent vos mots…Alors j’emprunte les paroles de cette chanson d’Amos Lee, un artiste que j’apprécie particulièrement pour exprimer ce que je ressens.

La musique adoucit les mœurs, dit-on, puisse-t-elle apaiser un peu ma peine…

A mon Arsène Lupin qui me manque tant…

I never meant to be a burden
Oh I just worry more than I’d like to
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

For so long I have lived amongst the shadows
Waiting for the sun to break on through
Oh it’s time I cast my oars and head out on these shores
And find some place where I can start anew

I never meant to be a burden
Oh I just worry more than I’d like to
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

Oh forgive if I’ve weighed upon your back
It’s so heavy already without me
Going ahead into this abyss and find my own way out of this
So you can walk ahead more easily

I never meant to be a burden
But you’re the light that is guiding me through
I never meant to be a burden
Please forgive me if I’ve weighed on you

Please forgive me if I’ve weighed on you
Please forgive me if I’ve weighed on you

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

Entre excellence et épanouissement

mots-renforcement-positfs-

Dans notre société actuelle, la méritocratie règne en maître incontesté. En France, il est quasiment impossible de trouver un bon poste sans être diplômé. Et encore, le prestige et la valeur des diplômes sont hiérarchisés. Les parents, soucieux de mettre du côté de leurs enfants toutes les chances d’avoir un avenir à l’abri des besoins, les poussent à se distinguer, au risque de nuire à leur bien-être.

Il est effarant d’entendre que des enfants souffrent de burn out, et je ne pense pas que les parents de ces enfants soient des tortionnaires. Au contraire, la grande majorité doit être des parents attentionnés, peut-être un peu trop..Ils veulent en même temps développer les fibres artistique et sportive de leurs progénitures en plus de l’école, ce qui rapidement surcharge leur emploi du temps. Plus l’occasion de se détendre ou de paresser, chaque minute est « optimisée »…

Mon fils est actuellement en troisième. Déjà, à la fin de l’année de quatrième, nous avons commencé à réfléchir sur ce qu’il voulait faire plus tard, tout en sachant qu’il aura tout le temps de changer d’avis d’ici la terminale. Néanmoins, il était important de se projeter dans un futur proche, à commencer par le choix du lycée…

Un vrai casse-tête pour une maman, encore plus j’imagine pour ce petit bonhomme tiraillé entre l’enfance confortable et insouciante et l’appel du monde adulte. Et je ne parle même pas des déferlements d’hormones qui chamboulent tout en lui! Il a des rêves ambitieux qui requièrent une masse importante de travail pour espérer les voir se réaliser, et pourtant il aimerait passer tout son temps à s’amuser et rigoler avec ses copains, ce que je trouve normal à son âge.

Me voilà donc face à un dilemme qui me fait culpabiliser: soit je le pousse à donner le meilleur de lui-même pour obtenir de bons voire de très bons résultats scolaires, et ainsi pouvoir espérer intégrer la grande école à laquelle il rêve plus tard; soit le laisser profiter de la vie, en veillant à ce qu’il fournisse le « minimum syndical » et profite de son adolescence et de ses amis…

En choisissant la première option je prends le risque de passer pour une mère dirigiste et tyrannique! Mais je me dirais aussi que mon fils aura plus de garantie de s’en sortir plus tard…Opter pour la deuxième possibilité risque de me faire passer pour une maman laxiste et démissionnaire, et j’exposerais mon fils à davantage de difficultés à s’en sortir plus tard…

Dans mon entourage, je connais des parents qui ont fait le choix de l’instruction à la maison. Ils dorment et se réveillent à leur rythme, n’ont pas de devoirs ni de leçons à retenir, ils apprennent à lire, écrire et compter en lisant des boîtes de céréales, en tapant sur le digicode de la porte, en voyant les numéros de bus… Pour le moment ils ont moins de six ans et leurs mamans passent énormément de temps avec eux, très attentives à leurs besoins et y répondent en prenant le temps d’expliquer les choses.

Je vois ces enfants très épanouis et éveillés, curieux de tout. Néanmoins, je trouve qu’ils sont moins à l’aise à communiquer avec des enfants scolarisés de leur âge ou en société. Et quand je vois le monde du travail actuel régi par des règles ultra formatées et accordant très peu de chances aux profils atypiques, j’ai du mal à imaginer la manière dont ces enfants pourront s’y insérer…

On dit que les parents agissent toujours pour le bien de leurs enfants. Et en attendant que leurs enfants soient en capacité de choisir par eux-mêmes, ils sont obligés de prendre des décisions à leur place… A bien y réfléchir, c’est une énorme responsabilité.

Mais comme pour toute chose, il faut essayer de trouver le bon équilibre entre permettre à l’enfant de profiter du présent, tout en lui donnant toutes les billes pour envisager plus sereinement l’avenir…

© crédit photo

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

« Tu n’as rien à craindre de moi » de Joann Sfar

tu_n_as_rien_a_craindre_de_moi_01

C’est l’histoire d’un couple comme tant d’autres…Seaberstein est artiste peintre. Mireilledarc – c’est ainsi qu’il l’a surnommée à cause de leur ressemblance physique – est étudiante en épigraphie et elle est sa muse.

Ils en sont au début de leur histoire et prennent du plaisir à passer quasiment tout leur temps ensemble, à parler de la vie, de la religion, de leur vision des choses, à parler d’eux, à s’aimer passionnément, à se séduire l’un l’autre.

Le jour où Seaberstein reçoit une commande de nus, c’est tout naturellement qu’il choisit Mireilledarc comme modèle. Une occasion supplémentaire pour l’une d’entretenir la flamme du désir qui brille dans les yeux de son compagnon.

Ce couple en apparence uniquement focalisé sur le désir se construit pourtant au fil du temps. Et inexorablement, la routine du quotidien s’invite dans ce couple, s’immisce dans les interstices de cette relation, à la fois comme un ciment qui consolide tout, mais également comme autant de fissures qui fragilisent l’édifice.

Qui gagnera la bataille?

Mon avis:

Le titre de cette bande dessinée m’a interpellée car je ne cesse de le déclamer sous différentes formes – verbales ou autres – pour rassurer mon partenaire. Quand on est en couple, il est important de faire sentir à l’autre qu’on est attentif à ses besoins. Joann Sfar dépeint bien l’attirance et le jeu de séduction qui existent entre les deux amants ainsi que l’exaltation de cette période bénie au début d’une relation où tout paraît merveilleux.

On découvre également à travers leur conversation une description humoristique de la juiveté et de l’Art à travers les siècles. De plus, l’auteur ne se contente pas d’emprunter le nom de Mireille Darc, il l’invite vraiment dans ses pages, un joli clin d’œil à cette immense comédienne.

Autour de ce huis clos amoureux gravitent leur entourage, les incontournables, la meilleure amie, la mère, l’agent, et qui influencent la vie du couple d’une manière ou d’une autre.

Cette BD raconte d’une manière légère et pourtant très réaliste la complexité d’un couple et le mécanisme qui le régit.

A lire absolument!

Publié aux éditions Rue de Sèvres

102 pages

gilles_paris

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

« J’en ai marre » de Francis

Francis n’est personne et tout le monde à la fois. Il incarne le visage de ceux qui vivent dans la rue, ceux qu’on ne voit plus ou qu’on fait semblant de ne pas voir…Des gens qui vivent en marge de la société parce que la vie les malmène…

Alors que nous nous réjouissons du retour des beaux jours, pour certains cela signifie surtout la fin de la trêve hivernale avec tout ce que cela implique.

Je suis très touchée par le pénible quotidien de ces infortunés, j’essaie à mon niveau de faire en sorte que cela change mais de loin, sans oser les approcher, encore moins leur parler, comme si la misère était contagieuse. Je n’en suis pas fière, et maintenant que j’en ai pris conscience, je vais tout faire pour changer ça aussi.

J’ai entendu ce texte aujourd’hui; il m’a bouleversée et j’ai voulu vous le partager. Il a été recueilli par un de mes collègues. C’est Francis qui le lui a dicté car ses mains noueuses ne pouvaient même plus tenir un stylo…

Y en a marre de la misère

Y en a marre de toujours mordre la poussière

Y en a marre de n’avoir que la faim

Pour me rappeler que ce n’est pas encore la fin

Y en a marre de croiser tant de visages

Et presque jamais de regard

Y en a marre des détours

Et des changements de trottoir

Tu fais même plus partie du paysage

Les paysages au moins, on s’arrête pour les regarder

Y en a marre de ceux qui savent et qui pensent

Ceux qui croient savoir et qui se penchent

Comme pour mieux me dire ce qui est bon pour moi

Qu’est-ce qu’ils en savent, de ce que je veux, moi ?

 Le pire, c’est le soir, quand les fenêtres s’allument

Et que toi tu restes tout seul dans le froid

Tu savais, toi ?  …  Le noir, c’est la couleur du froid

Souvent, je me demande ce qui s’y passe

Derrière ces lumières qui me narguent

Et quand j’y pense, je me demande parfois

Si au fond, c’est pas moi le plus pénard !

Pourtant, y en a marre  … cherche pas ! …

A Francis et les autres, du courage!

sdf-a-la-rue1

Crédit photo

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

« Arithmétique de la chair » de Macha Méril

arithmetiques_de_la_chair_01

Bettina est une jeune femme hors-norme, dans tous les sens du terme. Elle est passionnée par les chiffres qu’elle affectionne plus que ses semblables pour leur rigueur et elle exerce le métier d’expert-comptable avec brio. Par ailleurs, elle est en surpoids, ce qui, outre son amour pour les nombres, l’a isolée petit à petit des autres. Célibataire et heureuse de l’être, son entourage se limite à sa meilleure amie Régine, sa voisine Naïma et son concierge Roméo.

Étrangement, les kilos ne l’encombrent pas, bien au contraire. Plus l’aiguille approche des 100kg, plus elle se sent libre et légère, comme une envie de s’envoler.

Un jour, pour s’amuser, elle s’est inscrite à un jeu télévisé sur les mathématiques en s’inventant un personnage, Isolde. Bien entendu, elle a gagné, et son passage a crevé l’écran. Elle a même réussi à séduire Damien, le présentateur de l’émission, un coureur de jupons notoire qui lui déclare son amour.

A partir de là, tout s’enchaîne. La vie bien rangée de Bettina est bouleversée par le succès et l’amour.

C’est alors que le corps de Bettina s’est transformé sans qu’elle ne sache pourquoi: ses kilos ont fondu aussi mystérieusement et rapidement qu’ils sont arrivés. Le physique avec lequel elle a conquis tout le monde est en train de disparaître sans qu’elle puisse faire quoi que ce soit, et les conséquences vont changer aussi sa vie.

Mon avis:

Ce roman dénonce les idées reçues: une femme qui aime les maths, une discipline qu’on trouve « ringarde » et qu’elle arrive à rendre séduisante; une obèse qui est bien dans sa peau, assume ses kilos en trop et en fait une arme de séduction. Ce sont ses singularités qui font tout le charme de Bettina, un pied de nez à tous les standards!

On y découvre aussi le monde impitoyable de la télé où l’on découvre l’envers de l’écran et où seul l’audimat importe.

Un livre qui se lit d’un trait tellement on a hâte de savoir ce qu’il arrivera à Bettina!

Publié aux Editions Flammarion

181 pages

gilles_paris

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

« Voulez-vous partager ma maison » de Janine Boissard

voulez_vous_partager_ma_maison_01

Line, femme au foyer, la cinquantaine, vient de perdre son mari. Habituée pendant des années à ne se préoccuper que du bon fonctionnement de sa maison, elle se retrouve seule face à des réalités qu’elle ignorait et face à elle-même…

Elle doit s’acquitter de droits de succession très élevés pour pouvoir garder « l’Escale », sa jolie maison entourée d’un grand jardin avec vue imprenable sur la Maine, mais n’en a pas les moyens.

Pour l’y aider, sa fille Colomba lui proposera de faire du « co-living », une sorte de colocation à l’américaine, et choisira pour sa maman les trois personnes qui partageront sa maison en appliquant des critères de sélection censés lui garantir la tranquillité d’esprit tout en bénéficiant d’une rente confortable. Les trois candidats retenus sont célibataires, sans enfant, ayant une certaine aisance financière. La première est Claudette, éthologue spécialiste du comportement animal; la seconde, Priscille, une riche héritière et accessoirement illustratrice de livres pour enfants; et Maître Sushima, réflexologue chinois.

En théorie, tout devait marcher comme sur des roulettes…Mais en théorie seulement! Car le casting drastique opéré par Colomba a laissé passer entre ses mailles les troubles alimentaires de Priscille, l’orthorexie prêcheuse. Elle n’aura de cesse d’essayer de convertir Line à sa cause et jusqu’à l’étouffer avec ses intentions louables mais zélées.

Line n’a d’autres choix que de se débarrasser de Priscille pour que sa maison retrouve sa sérénité et tous les moyens sont bons pour y parvenir, quitte parfois à franchir la ligne jaune…

Mon avis:

La sortie du roman de Janine Boissard est mon « rendez-vous plaisir » incontournable annuel. Je radote mais ses livres sont mes madeleines de Proust.

Cette fois-ci encore, elle abordera avec humour et tendresse le sujet de la famille, un thème que l’auteur affectionne particulièrement et dans lequel elle excelle. Mais le sujet du roman, le co-living et ses « conséquences » est résolument moderne.

Un roman que j’ai savouré et qui m’a fait penser à un milkshake fraises et chantilly: doux et acidulé en même temps. En un mot: un REGAL!!!!

Publié aux Editions Fayard

298 pages

gilles_paris

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

Le secret du bonheur

Les définitions du bonheur et de la réussite sont des notions très personnelles. Elle peut même, en fonction de chaque individu, évoluer avec l’âge et le parcours de chacun.

J’ai souhaité partagé avec vous cette intervention du psychologue Robert Waldinger présentant les résultats d’une étude menée depuis 75ans sur le développement d’un adulte, le but étant de recueillir des données sur le bonheur et la satisfaction.

Cette étude donne quelques pistes pour mener une vie belle et épanouissante à tous ceux qui ont une appétence pour le bonheur mais qui ne savent pas forcément comment y parvenir.

Et pour vous, être heureux c’est quoi?

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

« Les ailes du désespoir » de Roselyne Durand-Ruel »

les_ailes_du_desespoir_01

David Serfaty n’a jamais oublié le regard de la petite Alia qu’il a rencontrée à Casablanca alors qu’elle n’avait que cinq ans.

Bien des années plus tard, à Paris, alors qu’il s’apprêtait à s’engager dans un mariage prometteur sous tout rapport, son chemin recroise celui d’Alia. Il rompt ses fiançailles et décide de vivre son grand amour avec Alia malgré les nombreux obstacles qu’ils allaient devoir surmonter. En effet, les deux jeunes gens sont certes Marocains, mais David est juif et Alia musulmane…

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, ils décident de vivre leur amour aux Etats-Unis. Mais leur bonheur va être de courte durée car Alia va disparaître dans l’attentat des Tours Jumelles à New-York…

A l’immense chagrin de David s’ajouteront la colère et la consternation de découvrir qu’Alia a été violée peu avant son arrivée aux Etats-Unis et qu’une fille est née de ce viol. D’avoir appris que le violeur d’Alia s’est radicalisé n’a fait qu’attiser sa haine pour les salafistes. Désormais, David ne pense plus qu’à une chose: venger la mort d’Alia.

Pour mieux battre l’ennemi, David décide de le détruire de l’intérieur, en infiltrant l’organisation islamiste. Il étoffe sa culture coranique, transforme son aspect physique et s’invente une nouvelle identité. Son alter ego musulman sera tellement crédible qu’un imam s’y laissera prendre. Et le voilà devenu un agent double: considéré comme un soldat prometteur au Djihad d’un côté, agent infiltré de la CIA de l’autre.

Mais plus il avance dans ses plans, plus David sent qu’il se perd…

Mon avis:

Ce roman a été un véritable coup de cœur. Tout, absolument tout, de la première à la dernière page, m’a plu!

Tout est parti d’une histoire d’amour, mais comme on sait, la haine n’est jamais très loin. On se laisse embarquer dans les tergiversations du personnage principal, ses espoirs, son chagrin, ses hésitations, sa froide détermination. Son humanité transparaît malgré cette haine qui l’anime.

On partage les inquiétudes de la famille et de la belle-famille que David voulait à tout prix préserver.

C’est également l’occasion d’en savoir un peu plus sur le terrorisme et tout ce qu’il gravite autour. L’auteure propose une analyse très fine de la montée de la dérive islamiste et du rôle joué par chacun.

On découvre également les arcanes du célèbre service secret américain, la CIA, ses « bras longs », ses « super »moyens, ses méthodes pas toujours avouables et même ses loupés.

Le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout, la fin est plus qu’incertaine.

Un ouvrage incontournable à se procurer absolument!

Publié aux Editions Albin Michel

424 pages

Rendez-vous sur Hellocoton !
 

Etre trentenaire…

large (8)

Il me reste encore 364 jours pour pouvoir prétendre à ce titre et ensuite j’intègrerai le club des « génaires ».

Je me souviens que le jour de mes 30ans, j’étais malade. J’ai soufflé les bougies de mon gâteau du fond de mon lit, et j’ai été incapable d’y goûter. J’étais entourée de toute ma famille, et ma grand-mère était de la partie.

Neuf ans plus tard, ma grand-mère n’y est plus mais 5 adorables petites nièces ont pris sa place. Le gâteau d’anniversaire, lui,  ne fait plus partie des menus 🙂

A 31 ans, j’ai enfin eu la réponse à une question qui me torturait depuis des années et tourner enfin une page douloureuse de mon passé. J’ai également décidé de me débarrasser des entraves d’une personne néfaste, de déployer mes ailes et prendre mon envol. Cela ne s’est pas passé sans heurts, et malheureusement, mon petit bout a été une victime collatérale. Mon petit bout a été pendant les années qui suivirent mon moteur, celui qui m’a permis de tenir pendant cette période ô combien difficile de ma vie, de notre vie. Du haut de ses sept ans, il a été malgré lui mon soutien. Avec la présence d’amis précieux, j’ai remonté la pente, aussi ardue fut-elle, péniblement, lentement…

C’est vers ces années là qu’on a découvert la leucémie de mon père. Alors, pour ne pas accabler plus mes parents, j’ai décidé de ne pas leur raconter mes déboires et de faire en sorte que je m’en sorte sans leur aide. Je me suis découvert des qualités que je ne me connaissais pas, je me suis endurcie, et j’ai commencé à savoir m’entourer des bonnes personnes. Ces épreuves ont également renforcé ma foi, et sans jamais en faire étalage, elle occupe une part très importante de ma personnalité.

Et puis un bon matin de mars, celui que j’appelle désormais mon Arsène Lupin est entré dans ma vie. Il est mon compagnon de route, celui qui encourage dans les moments de doute, partage mes rires et mes rêves et ce depuis bientôt 5 ans.

Cette décennie de trentenaire a façonné ce que je suis: elle a gommé tous mes artifices et préservé mon essentiel, mon essence.

Je comprends maintenant le sens premier de l’épicurisme – « (…) arriver à un état de bonheur constant, une sérénité de l’esprit, tout en bannissant toute forme de plaisir non utile (…) » rappelle Wikipédia 😉 – et essaie de l’appliquer dans ma vie de tous les jours.

Les avis toxiques des autres ont de moins en moins d’emprise sur moi, ils n’influencent plus mes décisions. Des questions futiles qui, avant me mettaient dans tous mes états ne m’atteignent plus. Et inversement, j’arrive à apporter mon soutien à ceux qui me le demandent en gardant le recul nécessaire et éviter de me torturer la tête inutilement; mais j’avoue que je ne suis pas complètement étanche quand cela concerne les personnes qui me sont vraiment très chères.

Je me suis enfin sérieusement mise au sport et je trouve que mon corps n’a jamais été aussi tonique que maintenant, même à 20ans! A raison de 3 séances d’une heure par semaine en salle de sport à travailler mes abdos, mes fessiers et mes triceps, les muscles commencent à ses dessiner, et l’image que me renvoie mon miroir n’est pas pour me déplaire! Mais le mal fou que j’ai à rattraper mes heures de sommeil en moins me rappelle que bientôt je serai une quadra!

Malgré quelques interrogations inévitables, globalement je mène une vie saine et harmonieuse, et cela a pour effet d’envoyer de bonnes ondes à ceux qui m’entourent.

J’écris ce petit flashback avec fierté au regard du chemin que j’ai parcouru, sans une once de nostalgie, attendant sereinement le cap des 40ans et tout ce que la vie me réservera par la suite!

Rendez-vous sur Hellocoton !